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Notre position sur l’activisme transgenre

« Les personnes transgenres n’ont pas été légalement empêchées d’accéder au droit de vote, au droit de posséder une propriété et des biens, au droit d’être éduquées par les personnes cisgenres. Il n’y a pas de lois actuellement ou historiquement qui empêche les personnes qui s’identifient transgenres d’accéder à ces droits. Pour contraster, l’histoire des États-Unis et de beaucoup d’autre pays est jonchée de lois qui empêchent explicitement ou qui limitent le droit des femmes et des personnes noires ou de couleur à voter, à posséder une propriété et des biens, et à accéder à une éducation. »
-Elizabeth Hungerford-


Le post instagram à l’origine de cet article m’a valu pas mal de harcèlement et m’a également valu de me faire signaler par plusieurs comptes. J’explique ici plus en détails mes positions (et celles de la plupart des radfems) plus en détail pour les personnes qui seraient intéressées. Le but est aussi de donner une idée claire de ce que nous soutenons ou pas, et pourquoi, afin d’éviter les quiproquos et les accusations de meurtre que je reçois.

Ce que nous soutenons dans l’activisme « classique »

Droit d’accéder à des soins médicaux sans discriminations.
Accéder à une mutuelle, avoir une médecin formée à la santé des personnes transgenres, avoir du personnel médical compétent et respectueux, une meilleure connaissance des interactions médicamenteuses avec les traitements hormonaux…

Droit d’accéder à un travail sans discriminations.
Pas de discrimination à l’embauche, pas de discrimination lors des promotions et des augmentations, possibilités d’évolution professionnelle, recours en cas de discriminations sur le lieu de travail…

Droit d’accéder à un logement sans discriminations.
Recours en cas de discrimination de la part d’une propriétaire ou d’une agence lors de la recherche d’appartements, recours en cas de discrimination de la part d’une banque, protection contre les discrimination lors de l’attribution de logements sociaux, espaces protégés dans les refuges…

Droit à une vie sans abus.
Droit de vivre sans être abusée ou malmenée en raison de son identité.

Droits humains pour toutes les personnes transgenres.
Application des traités et des lois visant à garantir des droits humains à toute citoyenne de France, sans discrimination basée sur la trans-identité réelle ou supposée d’une personne.

Aides pour les personnes transgenres sans abris.
Aide pour les jeunes qui se sont faites virer de chez elles, pour les personnes transgenres qui n’ont pas de quoi se payer un logement…

Soins psychologiques adaptés aux personnes transgenres.
Formation de psychologues sur les questions du genre, de la dysphorie et de la dépression chez les jeunes personnes trans, soins psys adaptés aux personnes trans dysphoriques ou non, aide à la communication avec l’entourage…

Ce que nous soutenons mais qui n’est pas dans l’activisme classique

Aider les personnes transgenres à sortir de la pauvreté pour qu’elles ne soient pas forcées à entrer dans la prostitution.
Faire en sorte que la prostitution ne soit pas la seule option viable pour une personne transgenre en difficultés financière. Protéger les personnes transgenres des milieux de l’exploitation sexuelle à tout âge.

Aider les personnes transgenres à sortir de la prostitution.
La prostitution est un des facteurs de violence envers les personnes transgenres les plus marqués, avec le racisme. Aider les personnes trans à sortir d’une situation de prostitution réduirait les risques pour leur santé et leur vie. Appliquer les lois Françaises d’aide à la sortie de la prostitution sans discrimination pour l’identité d’une personne.

Créer des toilettes neutres pour que les personnes trans soient en sécurité sans envahir les toilettes des femmes.
Espaces protégés pour éviter aux personnes trans-identifiées qui le souhaitent de devoir aller dans les toilettes des hommes si elles craignent d’y aller, tout en protégeant l’exclusivité des toilettes des femmes.

Aide et soutien à toutes les personnes dysphoriques.
Soins psychologiques et structures d’accueil pour toutes les personnes dysphoriques, trans ou non, afin de les aider à gérer leur dysphorie et à trouver des soins adaptés et personnalisés.

Aide et soutien aux personnes qui détransitionnent.
Soins psychologiques, structure d’accueil et personnel formé pour les personnes trans qui souhaitent interrompre une transition ou renverser leur transition, reconstructions corporelles, groupes de parole, etc.

Donner des solutions alternatives à la transition.
La transition n’est pas une solution pour tout le monde, arrêter de la présenter comme telle et proposer d’autres solutions aux personnes trans/dysphoriques : Thérapies, groupes de parole, travestissement, etc.

Aider et soutenir les personnes qui ne conforment pas au genre ou qui veulent expérimenter/ne pas conformer au genre.
Ne pas assumer que ces personnes sont transgenres, encourager la transgression des normes de genre, proposer des groupes de parole et d’expérimentation personnelle, éduquer sur l’homosexualité, interdire la discrimination basée sur l’expression de genre.

Donner un soutien aux adolescents qui ne soit pas des bloqueurs de puberté.
Les bloqueurs de puberté sont des médicament dangereux pour la santé, irréversibles et dont on ne connaît que très mal les effets à long terme. De plus la dysphorie chez les jeunes disparaît avec l’âge adulte dans 90% des cas, naturellement.

Donner des informations complètes et honnêtes sur ce que la transition implique avant de donner des prescriptions.
La transition est un chemin coûteux, long et complexe. Beaucoup de personnes trans révèlent n’avoir eu que très peu d’informations sur les conséquences physiques, sociales et psychologiques de la transition. Il est impératif de changer ça pour éviter tout regret de transition.

Le fait pour les Trans d’avoir leur propre mouvement dédié à leurs besoins, séparés des LGB et des mouvements féministes.
Les personnes trans n’ont à l’heure actuelle pas de réel mouvement pour faire valoir ces droits. Elles se raccrochent à des mouvement comme « Black Lives Matter » pour protester la mort des personnes trans noires, la communauté LGBT pour être reconnues comme une minorité de genre, le féminisme pour donner des droits aux hommes trans-identifiés. En faisant cela elles perturbent ces mouvements, car elles n’en font pas partie à la base et doivent changer les objectifs de l’activisme pour correspondre à leur besoin. Plutôt que de faire ça, nous encourageons la création d’un mouvement Transgenre à part entière.

Ce que nous ne soutenons pas ou que nous critiquons dans l’activisme trans

Les cerveaux genrés/sexués.
Les cerveaux humains ne sont pas programmés pour avoir un comportement et des goûts différents basés sur le sexe. Les différences observées entre les cerveaux mâles et femelles sont de nature culturelle et sont dues à la plasticité du cerveau : le cerveau modifie sa structure en permanence basé sur nos activités et notre socialisation. La théorie des cerveaux genrés relève de deux choses, l’essentialisme et le neurosexisme.

Être un allié = bien vouloir sortir avec des personnes transgenres.
La libération d’un groupe ne se passe pas dans la chambre à coucher. C’est de la culture du viol de représenter un refus de relation comme « transphobe », et c’est également une chose que font les incels. Personne ne doit rien aux personnes trans en terme de relations, personne n’a de droit à une relation romantique ou sexuelle au nom de sa « libération ».

Décrire l’homosexualité comme dégoûtante, transphobe, un fétiche, ou nier son existence.
Une partie de l’activisme trans consiste à placer le genre comme élément remplaçant le sexe en contexte social et romantique. Ceci implique que les gens sont attirés « par la personne » et non par les « parties génitales ». Cette vision du monde empêche l’homosexualité (attirance exclusive pour le même sexe), ou la place comme mauvaise avec des expressions comme « fétichiste du vagin/pénis » ou « préférence génitale ». Ce genre de comportement doit cesser, tout comme les rhétoriques homophobes comme le plafond de coton.

Nier la réalité du sexe biologique.
Le sexe est réel, il est neutre, il est fixe, et il est binaire. Il n’est pas une construction sociale, ni un spectre. Un grand nombre de personnes pensent le contraire ou essayent de nous faire croire que ce n’est pas vrai, notamment en utilisant les personnes intersexes comme arguments. Nier le sexe biologique est anti-science et anti-féministe.

Nier l’existence de l’oppression basée sur le sexe.
Les femmes sont oppressées sur la base du sexe. La réécriture transgenre voudrait que nous le soyons sur la base du genre, une identité interne intime et indéfinissable de l’extérieur… vous voyez le problème ? Sur cette base une femme et une femme trans vivent la même oppression, ce qui est faux. Nier la réalité de notre oppression empêche notre libération.

Faire taire les femmes sur leurs expérience et leur oppression.
Silencier les femmes qui parlent de notre réalité liée à notre sexe, et sur l’oppression que nous subissons en raison de ce même sexe est devenu courant pour les activistes. Apparemment cela exclurais les femmes trans de la question en cristallisant tout autour du vagin (et tout le monde se fiche que les hommes trans subissent la même chose que nous en raison de leur sexe). Encore une fois c’est un comportement anti-féministe.

Le langage « trans-inclusive » qui est misogyne.
Qualifier les femmes de « personnes à vulves », « qui ont leurs règles », « à utérus » ou « à vagin », et j’en passe. J’ai déjà fait un article sur ce sujet.

Dire que la transition est le seul traitement pour la dysphorie.
Comme dit précédemment, 90% des enfants/adolescentes guérissent de leur dysphorie en atteignant l’âge adulte. Pour celles qui restent, une thérapie peut être plus efficace qu’une transition, tout comme le recours à des groupes de parole. La transition est un traitement lourd qui peut aggraver la dysphorie, surtout si elle est commencée tôt.

Nier l’existence de thérapies pour aider les personnes dysphoriques à gérer leur dysphorie.
Les thérapies dont on parle sont niées par la communauté trans. Le mécanisme derrière fonctionne ainsi : être trans est provoqué le plus souvent par la dysphorie (qui est un trouble mental), mais être trans est une identité de genre valide au même titre que l’homosexualité d’après la communauté trans. Pathologiser le fait d’être trans en proposant des thérapies est donc une forme de thérapie de conversion. Ainsi passe à la trappe un des meilleurs moyens pour aider une personnes à gérer sa dysphorie.

Ignorer que beaucoup de femmes trans-identifiées souffrent de misogynie internalisée.
Un grand nombre (pas tous) d’hommes trans ou de femmes trans-identifiées souffrent de misogynie internalisée. Les femmes sont présentées comme vaines et superficielles dans la société, et qui veut être comme les stéréotypes misogynes véhiculés dans les médias ? Personne. On en vient alors à se dire qu’on n’est « pas comme les autres filles » (sous entendu : mieux). Mais presque toutes les filles sont comme ça. Parfois, devenir transgenre est juste une version extrême de ce phénomène.

Ignorer les personnes trans qui souffrent d’homophobie internalisée.
Une étude a prouvé un lien systématique entre l’homosexualité d’une personne et sa résistance aux stéréotypes de genre dans l’enfance [1]. De nombreuses lesbiennes deviennent des hommes trans car dans notre société genrée, aimer les filles est un truc de garçons. De nombreuses personnes trans sont homosexuelles, et l’homosexualité est un facteur important de transition menée jusqu’au bout. Ignorer ces faits fait du mal aux personnes homosexuelles transgenres. C’est de l’homophobie.

La « transification » des mort·es.
Ce courant consiste à dire, rétrospectivement, qu’une personne donnée était transgenre alors que celle-ci est morte. Par exemple Marsha P. Johnson et Jeanne d’Arc sont considéré·es trans par certains. En réalité il n’y a aucune preuve historique de trans-identité, car c’est un concept récent. Faire ceci est une forme de présentisme, où l’on dit « si cette personne avait vécu à notre époque elle se serait définie trans ». On remarque aussi que la majorité sont des hommes trans (donc des femmes masculines) à des époques où les femmes avaient très peu de droits, comme par hasard…

L’identification personnelle et le fait que les hommes vont en abuser.
L’identification personnelle c’est quand il suffit de dire « je suis trans » pour avoir le droit d’accéder à tout les espaces réservés à l’autre sexe, sans avoir même besoin de transitionner. Les féministes savent que les hommes vont en profiter, notamment parce que c’est déjà arrivé. Permettre légalement que ça arrive met en danger les femmes et les filles.

Transformer tout les espaces en espaces « neutres », ce qui est dangereux pour les femmes.
Les femmes ont des espaces réservés pour deux raisons : elles n’en avaient pas alors qu’elles en avaient besoin, et elles se sont battues pour les avoir. Les toilettes sont un bon exemple. Mettre tout en « neutre », c’est en vérité mettre tout en « mixte », car les humains ont un sexe. Et ce qui est mixte appartient aux hommes. Si les personnes trans ne veulent pas de leurs propres espaces neutres, c’est pour de la validation.

La violence envers les femmes, menaces de viol, menaces de suicide, injures misogynes…
Classique mais important de le rappeler : la plupart des activistes trans n’hésitent pas à en venir aux menaces, aux insultes et parfois aux mains pour faire taire les femmes dissidentes. Puisque les mots sont considérés comme de la violence, répondre avec ses poings est considéré comme approprié. Cette violence doit cesser d’être utilisée et excusée.

Effacer les LGB du mouvement au profit des trans.
Le « T » est dans l’acronyme pour une seule raison à la base : tout les « trans » étaient des hommes gays. Depuis que le T est envahi d’hétérosexuels, il n’a plus rien à faire dans un groupe qui s’est rassemblé pour lutter pour les droits des homosexuels. Les personnes transgenres homosexuelles ou bisexuelle sont déjà inclues dans le LGB. Et le T cherche actuellement à effacer l’homosexualité, devenant toxique.

Le renforcement des rôles genrés.
Ce qui à la base était un mouvement de lutte contre les stéréotypes de genre est devenu l’exacte opposé : tu es une fille mais tu aimes le bleu et les trains ? Tu es peut-être un garçon au fond. Chaque fois qu’une fille qui ne conforme pas à son genre dit être « non-binaire » ou un garçon, la variété de ce qu’est une fille se réduit, jusqu’à ne laisser que des stéréotypes. Être une femme, ce n’est pas porter des robes, s’épiler et porter du maquillage. Cette image représente ce contre quoi les féministes se battent depuis des années, et est régressive.

Conclusion

Le féminisme radical ne déteste pas les personnes transgenre (un grand nombre de radfems sont trans ou dysphoriques), et ne cherche pas à les empêcher d’avoir des droits humains. Seulement, nous observons que les personnes trans jouissent déjà de droits institutionnels, et qu’au lieu de combattre les stigmas et la discriminations, ils cherchent à effacer les notions de sexe et de matérialisme par la croyance du genre.

C’est quelque chose que nous ne pouvons pas soutenir. Les protections légales des femmes sont basées sur le sexe, et elles sont nécessaire. Il en est de même pour les droits des homosexuels. L’activisme trans est unique dans le sens où c’est le seul qui cherche non pas à obtenir des droits propres, mais à s’approprier ceux d’un autre groupe opprimé, ici les femmes.

Nous soutiendront les études sur les personnes transgenres, les analyses sociales du phénomène, ainsi que les personnes trans qui cherchent juste à vivre leur vie à avoir des droits universels. Nous soutiendront les initiatives pour un meilleur accès à des soins psychologiques, pour une meilleure compréhension de la transition, et pour permettre à chacune de comprendre les racines de son besoin de transitionner.

Nous ne soutiendront pas la destruction et la colonisation de nos espaces protégés, ni le gaslighting de la communauté trans. Les femmes ne sont pas privilégiées sur la base du sexe.

Sources externes :
(1) Childhood Gender-Typed Behavior and Adolescent Sexual Orientation: A Longitudinal Population-Based Study

CC BY-NC-SA 4.0

Une réponse sur « Notre position sur l’activisme transgenre »

Bonjour
Ce n’est pas parce qu’elle n’avait pas ce nom que la transidentité n’a pas une histoire veille comme monde.
Dans certaines civilisations, on donne à ces personnes des fonctions. On trouve déjà des traces de propos transphobes durant l’antiquité.
Dire que l’on peut soigner la transidentité est une hérésie. Je suis une vielle trans de 59 ans. Je n’ai jamais réussi à me « soigner ».
Dire que les trans ont accès à tout contrairement aux femmes est aussi une hérésie. Là aussi, en tant que vieille trans, je vous rappelle que jusqu’en 1981, être trans était puni par la loi. Je l’ai tellement intégré que je ne suis toujours pas sorti totalement de cette culpabilité.
Quand vous écrivez « il n’y a pas historiquement (je dis bien historiquement) de lois qui empêche les personnes qui s’identifie transgenre d’accéder à ses droits », c’est simplement faux. Le femmes trans avant 1981, c’est court au regard de l’histoire, étaient parfois jetées en prison, violées, voire assassinées, etc. mais c’est tellement tabou qu’on n’en parle pas. J’admire les premières qui se sont rebellées, affirmées etc.
Au demeurant, je ne nie aucunement les discriminations envers les femmes car j’en ai souffert en tant qu’enfant. J’ai vu ma mère discriminée.
Je suis donc « doublement » féministe parce que fille de ma mère et parce que trans.
Laisser entendre qu’être trans est « une mode » est aussi une hérésie.
Certes, il y a des hommes qui aiment se travestir mais qui se sente totalement homme. On ne les reconnait pas ou peu dans la rue.
A l’inverse, je ne suis pas hormonée pour raison médicale (hé oui, cela arrive), j’assume mon identité trans et je ne porte pas nécessairement de perruque. Quand on est chauve, il faut avoir le courage de le faire et d’assumer ce que l’on est.
Toutes ces guerres sont stériles.
Je tiens à préciser que je respecte totalement la personne humaine et je comprends totalement ce besoin qu’on les femmes d’avoir leurs espaces à elles. Qu’elles puissent être sans personnes trans avec elles.
En revanche, je ne comprends pas les gens qui cherche des causes à tout car nous sommes tous plus ou moins trans ou homosexuelles. Ce sont des questions de gradients et derrière cette recherche de causes à tout il y a beaucoup de refoulé. Les violences contre les trans, comme une partie des violences contre les femmes sont liées à ce refoulé.
Le mâle reproche à la femelle le pouvoir qu’il n’a pas, celui d’enfanter. Pour cela il s’est inventé un pouvoir qu’il croit détenir entre les jambes. Au fond, c’est minable. Je maintiens, en tant qu’enfant, j’ai souffert indirectement de cette domination masculine. Car ce qu’on fait aux femmes on le fait à leurs enfants. Quand elles en ont bien sûr.
Je tiens aussi à préciser que je ne parle pas au nom des femmes trans car chacune à son histoire et rencontre ses problèmes.
Mon histoire est aussi valable que celle d’une femme trans qui a fait une transition mais je sais très bien qu’on me réduira au rôle de la vieille tapette. Encore une fois, on fait ce que l’on peut avec ce que l’on est et son patrimoine génétique. Le mien n’est plutôt pas très bon en termes cardio-vasculaire.
En revanche, je suis d’accord, une femme trans ne peut pas parler au nom des femmes ou du moins s’accaparer toutes les luttes des femmes. C’est stupide quand on y pense. Même si, croyez-en ma veille expérience, une femme trans intègre inconsciemment au quotidien la domination masculine. Je me suis interdis beaucoup de choses, je me suis souvent senti incapable parce que femme, malgré mon apparence masculine et mon sexe masculin. Ici, je n’écris pas femme trans. C’est beaucoup plus profond, beaucoup plus ancré qu’on le dit ou qu’on l’imagine. (Je tiens à préciser que cela n’entre pas en contradiction avec ce que j’ai écris précédemment sur le « on est tous plus ou moins trans ou homosexuel ». A ce propos, en termes d’homosexualité, l’espèce humaine est peut-être l’une qui pratique le moins l’homosexualité. Chez les insectes cette pratique est plus que courante.)
Ainsi, je n’ai pas non plus eu droit à une éducation « masculine ». Je me suis interdit de croire en moi, comme beaucoup de fille. Et, comme à beaucoup de fille, on m’a dit qu’il fallait que je fasse quelque chose d’utile et que mes espoirs n’étaient que des rêves. Dire à quel point l’inconscient, l’attitude transparaît et pour mes professeurs, je n’étais qu’une fille, même si cela ne se voyait pas. Vous ne me croyez sans doute pas et pourtant c’est vrai et j’ai mis beaucoup de temps à le comprendre. Mes frères on fait ce qu’ils ont voulu et ont pu avancer malgré les difficultés familiales. J’ai du batailler adulte pour avancer. Certes, je suis riche de ces combats.
Que dire d’autre, rien.
Je tiens à préciser que je connais très bien les femme cisgenre. J’ai vécu 30 ans avec l’une d’elle et nous gardons pour l’une pour l’autre beaucoup d’estime car je suis, j’en suis certaine, la personne qui a mieux su la comprendre et l’accompagner à travers toutes les difficultés qu’elle a pu rencontrer et c’est réciproque. J’ai par ailleurs deux filles que j’accompagne du mieux que je le peu et avec qui je discute beaucoup et sans tabous.
Bien cordialement
Clémence. Ce prénom là aussi il a une signification car, pour vivre, il a fallu que je m’accorde cette clémence sinon je mourrais.

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