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Pourquoi le sexe est binaire

Dans l’espèce humaine, on peut répartir les individus en deux sexes : mâle ou femelle. Cette distinction ne peut pas toujours être effectuée d’après les organes sexuels ou la morphologie, mais elle repose toujours sur des bases génétiques. Les individus d’un même sexe ne peuvent pas se reproduire entre eux, mais ils peuvent se reproduire avec les individus de l’autre sexe.


Quand les gens disent ou écrivent que le sexe n’est pas binaire, ils ont souvent une de ces idées derrière la tête : le sexe est un spectre, le sexe est bimodal, on ne peut pas réellement définir mâle et femelle, il existe des variations qui ne rentrent dans aucune catégorie existante, il existe plus de deux sexes, ou le sexe est une construction sociale qui n’est pas basée sur la biologie.

Cet article va faire un rapide tour d’horizon sur le sujet, en se concentrant sur le concept de binarité quand on parle de sexe biologique et en survolant les notions que je viens d’énoncer. En revanche, je n’entrerai dans le détail de certains points que dans d’autres articles, pour éviter que celui-ci ne prenne la forme d’un roman.

Binarité et sexe biologique

Quand on parle de binarité, on parle d’une notion qui n’est composée que de deux éléments distincts. L’exemple le plus simple étant le code binaire informatique, composé uniquement de 0 et de 1. Le 0 et le 1 sont distincts, on ne peut pas les confondre, ils ne se superposent pas.

La question est donc de savoir si la binarité s’applique au sexe. Le sexe est défini comme le moyen de reproduction d’une espèce, déterminé chez les humains par la présence ou non d’un gène SRY actif et de récepteurs, qui déclenche le développement du corps autour de la production de deux types de cellules sexuelles : les petites, appelées spermatozoïdes, ou les grosses, appelées ovules.

Le corps d’une personne, pendant le développement du sexe, s’organise pour la production de tissus ovarien ou testiculaires qui permettrons la création de ces cellules sexuelles. Puis, lors de la puberté, le corps s’adapte en vue de la reproduction, dans le but de transmettre ses gènes pour le mâle, et de survivre à une grossesse portée à terme pour la femelle. Voici la définition que je retiens.

L’apparence extérieure d’une personne, les cellules sexuelles produites, le type de tissus des organes sexuels, tout cela dépends de la génétique, à savoir du gène SRY. Ce gène est l’interrupteur qui décide du sexe de l’enfant avant qu’il ne soit né. Il se trouve sur le chromosome Y, et il déclenche la transformation du fœtus en mâle grâce à la production de testicules. Sans lui, le fœtus se développera en femelle. En résumé, le sexe d’une personne est déterminé par ses chromosomes, qui vont ensuite déterminer tout le reste.

Le sexe est donc binaire car le corps ne peut créer que deux types de cellules sexuelles, et qu’il n’y a que deux options au niveau de la détermination chromosomique du sexe : Gène SRY actif avec récepteurs, ou pas. Si le gène SRY est présent mais que le corps n’y est pas réceptif, alors l’enfant sera femelle. Si il y a des récepteurs mais pas de gène SRY, l’enfant sera femelle. Pour que l’enfant soit mâle, il faut impérativement un gène SRY auquel le corps est réceptif. Le fait qu’il y ait plusieurs options ne prouve pas qu’il y a un troisième sexe, mais cela explique qu’il y ait plus de filles intersexes que de garçons.

Il est également important de noter que les deux systèmes sexuels sont antagonistes dans leur développement : l’activation du développement mâle entraîne la production d’une hormone anti-mullërienne, qui empêche le développement en femelle. La même chose se produit lors du développement d’une femelle. Il est donc impossible d’avoir un développement qui soit en partie mâle et en partie femelle, puisque l’un annule l’autre.

Et les intersexes alors ?

Lorsque j’explique que le sexe est binaire et que donc il n’y a que deux sexes, on me réponds toujours une variante de : « Tu as déjà entendu parler des intersexes ? ». Eh bien oui. J’ai déjà entendu parler des intersexes. J’ai plus qu’entendu parler d’eux, j’ai lu attentivement de nombreux blogs d’intersexes militant.es [1], je me suis renseignée, j’ai essayé de comprendre et d’apprendre. La génétique n’est pas simple, mais il est quand même possible de vulgariser.

Donc, intersexes, c’est quoi ? L’intersexuation est un terme parapluie qui englobe tout les types de variations du développement du sexe chez un individu. La définition varie en fonction des gens, mais ceci est un consensus assez correcte entre toutes les versions. Il s’agit d’une condition médicale, pas d’une identité. En français, on peut trouver l’acronyme TDS, pour trouble du développement sexuel (attention, TDS est aussi l’acronyme de « travailleur.se.s du sexe »). En anglais, il s’agit du DSD pour disorder in sex development.

Une personne intersexe est quelqu’un qui a eu une anomalie dans la détermination du sexe. Comme noté plus haut, c’est la présence d’un gène SRY actif auquel le corps est répondant qui détermine si le fœtus sera mâle ou femelle. Une anomalie peut virtuellement arriver à chaque instant de la différentiations, mais beaucoup de variations sont mortelles pour le fœtus. En conséquence, le nombre de variations intersexe est d’environs quarante, et elles sont toutes référencées.

Parce que les variations sont rares [2] (virtuellement 99,9% de la population rentre entièrement dans la binarité mâle/femelle [3]), et qu’elles causent des problèmes de santé, elles prouvent que le sexe est bien censé être binaire chez les humains. Les personnes intersexes représentent la variable attendue d’un système fondé sur la binarité. En biologie, l’exception confirme la règle.

Mais les êtres humains ne sont pas binaires !

C’est vrai. Il existe une infinité de variations dans le développement sexuel d’un individu, et ces différences peuvent arriver lors de la conception (anomalie génétique), du développement fœtal, de la puberté, etc. Mais ces variations ne changent rien au fait qu’un être humain sera mâle ou femelle, car ce ne sont pas les caractéristiques secondaires qui définissent le sexe.

Beaucoup de gens semblent penser que, puisque certaines femmes sont très masculines d’apparence, ou ont des hormones masculines naturellement dans le corps, ou ne peuvent avoir d’enfants, cela signifie qu’elles sont moins des femmes et plus des hommes. Suivant cette logique, il est possible de créer un spectre de caractéristiques sexuelles secondaires, et de les classer de « complètement mâle » à « complètement femelle ». Sauf qu’une femme sans seins est une femme à 100%, tout comme un homme sans testicules, ou sans barbe, ou infertile, est un homme à 100%. Dire le contraire est deux choses : incorrecte, et offensant.

Le sexe est un spectre dans le sens ou il existe une infinité de variations dans le fait d’être femelle, et une infinité de variation dans le fait d’être mâle. Le sexe ne définit pas la personnalité, par exemple (et prétendre l’inverse relève de l’essentialisme biologique). Mais il n’y a pas d’ambiguïté entre les sexes. Aucun être humain, même intersexe, ne possède à la fois un vagin et un pénis, à la fois des ovaires et des testicules, ou ne produit à la fois des ovules et du sperme. Il s’agit d’une chimère, d’un mensonge. La plupart des personnes intersexes ont entièrement l’air mâle ou femelle. Les cas où les parties génitales portent tellement à confusion qu’on doit appeler un spécialiste pour déterminer le sexe du bébé sont immensément rares, bien plus rares que le taux déjà bas de personnes intersexes dans la population.

Qu’est-ce qui pose problème ?

Le problème avec cette croyance est qu’elle provient des personnes transgenres, qui avaient besoin d’un moyen de dire que les hommes trans-identifiés sont femelles (c’est faux) et les femmes trans-identifiées mâles (c’est encore faux). Cela leur permet d’avoir accès aux espaces réservés à l’autre sexe et de se retrouver dans les champ romantique des homosexuels du sexe opposé (en théorie du moins).

Sauf qu’on ne peut pas changer de sexe. Si un homme trans-identifié est femelle, qu’est-ce qui fait de lui une personne trans ? On ne peut pas être mâle à un moment de sa vie, et femelle à un autre. Parce que le sexe n’est ni fluide, ni un spectre, ni bimodal, ni une construction sociale. Le sexe est une réalité biologique, qui est d’une extrême importance.

Le sexe est nécessaire en médecine mais aussi en justice. Si un homme trans-identifié est considéré femelle, les statistiques de crimes commis par les femmes vont augmenter alors que ce seront des hommes qui les commettent. C’est déjà arrivé, c’est en train d’arriver. Les femmes sont oppressées sur la base du sexe, ce qui signifie que les hommes trans-identifiés sont la classe oppressant les femmes trans-identifiées. Mais ces problèmes sont ignorés. L’effacement du sexe biologique est un problème qui concerne tout le monde, les femmes en premier.

Conclusion

Le sexe n’est pas un spectre, il est défini par les chromosomes, et toutes les personnes intersexes sont mâle ou femelle et pas un entre-deux. Les chiffres sur la fréquence des intersexes sont à manipuler avec précaution pour plusieurs raisons : Ils sont sujet à manipulation par les activistes, certaines personnes mentent sur leur statut, et le taux d’intersexes dans une population change en fonction de la région du monde !

Je suis contre le fait d’utiliser les intersexes pour justifier des changements de lois en faveur de personnes qui ne le sont pas, et pour justifier un modèle anti-science selon lequel le sexe est fluide, spectral, bimodal ou simplement indéfinissable. Prétendre que le sexe est fluide revient à ignorer que les variations causent des problèmes de santé.

Sources externes :
(1) Not Your Intersex Pawn sur Tumblr et Interinfo sur Tumblr
(2) How Common Is Intersex ? par la Intersex Society of North-America
(3) How Common Is Intersex ? A Response To Anne Fausto-Sterling par Leonard Sax

CC BY-NC-SA 4.0

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