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Les 3 principes fondamentaux du féminisme radical

J’ai réalisé que même si j’analyse tout à travers une perspective radicale (c’est à dire, qui cherche l’origine des problèmes), ce blog ne donne pas beaucoup d’informations sur le féminisme radical en lui-même, ce que je trouve dommage. J’ai décidé de corriger ça, et ça commence avec cet article.

Le féminisme radical est une idéologie. Nous avons des croyances et une morale qui dicte notre activisme, même si nous utilisons des techniques scientifiques (hypothèses, mise à l’épreuve, conclusion) dans nos recherches pour mettre fin au patriarcat. Quand j’ai découvert le féminisme radical, j’étais un peu perdue, mais certains concepts simples permettent de s’y retrouver.

J’aimerais partager 3 grands principes ici, qui sont la base d’une réflexion féministe et radicale de la société. Sur ces 3 principes peuvent se greffer une infinité de théories et d’analyses.

1. L’oppression des femmes est basée sur le sexe

Il s’agit du principe le plus évident, et aussi le plus connu. A l’heure actuelle, cette affirmation fait polémique à cause de l’activisme transgenre, qui dicte que l’oppression des femmes est basée sur notre féminité. C’est un non-sens total, mais qui monopolise actuellement toutes les discussions sur le genre, la société, le sexe et les droits des femmes.

Cette analyse permet de réaliser que nous sommes opprimées pour notre corps, pour sa capacité à enfanter et produire la vie. Les moyens d’oppression des femmes qui sont directement liés au sexe sont très nombreux, en commençant pas le viol, mais aussi : grossesses forcées, marchandisation des enfants, mutilations génitales féminines, précarité menstruelle, exploitation sexuelle, la liste est longue…

Comprendre que nous sommes opprimées pour notre sexe (à savoir l’ensemble des caractéristiques biologiques des femelles) est la base de la pensée féministe radicale. Oublier ça, c’est être incapable de comprendre pourquoi toutes les femmes du globe sont opprimées de la même manière, c’est ne pas comprendre que nous avons toutes une seule chose en commun.

2. Le personnel est politique

Ce principe est un outil formidable pour analyser la société dans laquelle nous vivons, analyser notre propre vie et notre propre socialisation, et construire une conscience de classe. « Le personnel est politique » signifie que chaque aspect de notre vie personnelle est influencé par un modèle social à grande échelle auquel nous ne pouvons pas échapper. C’est comprendre que la violence et les injustices subies ne sont pas des cas isolés, mais le symptôme d’une société patriarcale, et que toutes les femmes le vivent.

Bien sûr, les hommes détestent quand les femmes développent une analyse de classe, car cela rends tout leurs comportements, prétendument incohérents, clairs et compréhensible. Les mains aux fesses dans le métro et les blagues salaces au travail ne sont pas des accidents mais simplement le reflet du mépris des hommes pour les femmes en tant que classe. Nous sommes toutes dans le même bateau.

« Le personnel est politique », en revanche, ne décrit pas l’inverse de ce que je viens de dire, à savoir que tout ce que nous faisons possède un impacte politique. Le féminisme radical n’est pas une identité mais une ligne d’action, et ce que nous faisons chacune dans notre coin n’a pas grand impacte sur le reste de la société. Une action commune est requise pour créer un changement.

3. La libération des femmes se fera en changeant complètement la société

Il est impossible de « réformer » la société, et il est impossible d’obtenir la libération en mettant simplement des femmes au pouvoir. Tant que le système est construis par des hommes, il bénéficieras les hommes, au détriment des femmes. Bien qu’avoir des femmes dans des postes hauts-placés soit une avancée, en pratique cela ne permet absolument pas la libération des femmes, car cela maintient le système qui est la cause et la conséquence de notre oppression.

Pour libérer la classe des femmes, un changement global est absolument nécessaire. Il faut repenser tout, de l’existence même du gouvernement à la place des hommes dans la société. Pour opérer ce changement, les féministes étudient les théories marxistes, anarchistes et socialistes de la société. Nous souhaitons un monde égalitaire, dans lequel les femmes sont libres de choisir vraiment ce qu’elles feront de leur vie, de leur carrière, de leur corps. Une analyse profonde de chaque aspect de la société est nécessaire car à l’heure actuelle, il n’existe rien qui n’ai pas été touché par le patriarcat.

Comme le dit Audre Lorde, on ne peut pas détruire la maison du maître en utilisant ses outils. Libérer les femmes demande l’utilisation de méthodes variées dont le but est de remettre en question tout le système.

Conclusion

Ces trois principes sont à la fois simples dans leur exposition, et complexes dans leur application. Ils prennent du temps à prendre en main, mais une fois intégrés à l’activisme ils deviennent des outils très puissants d’analyse et de réflexion. Je pense sincèrement qu’ils demandent une réflexion active pour être vraiment utiles, dans le sens où je ne les ai réellement compris qu’après les avoir vus en application au cours de lectures et d’ateliers.

Donc lisez du contenu féministe et radical, écoutez des podcasts, et parlez de comment la société impacte vos vies et celles de vos amies. J’espère que ces trois principes vous aideront dans vos réflexions.


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CC BY-NC-SA 4.0

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